Pages

Ma boutique de T Shirts

Présentation

Avis à la population

Appel à texte:

 

Chez Catherine: texte sur le voyage

Derniers Commentaires

Oniris!!

Oniris - Publication de nouvelles, romans et poésies d'auteurs amateurs

Images Aléatoires

  • P1030989
  • Photo0046
  • P1050226
  • P1030825
  • P1030844
Mercredi 28 avril 2010 3 28 /04 /Avr /2010 12:39

 

Elle se ressert un deuxième whisky. Un pur malt écossais, son préféré.

Elle est seule. Enfin seule. C’est si rare que c’en est un cadeau. Elle devrait se sentir si bien !

Mais ce soir c’est impossible. Elle voudrait oublier tout ça.

Demain il faudra qu’elle y retourne. Elle déteste cet endroit. Il est devenu si triste, si sombre. Mais a-t-elle le choix ?

Chaque jour, ils viennent ; ils défilent les uns après les autres. Elle les éclaire un peu. Elle leur donne la dose, vitale, fatale, quelle importance ? C’est un peu de vie qui part avec chacun d’eux. Un peu de sa vie.

« Tout ça n’est qu’une histoire. Une stupide histoire pour faire peur aux gens. Et tout le monde marche ! » a-t-elle pensé quand les infos ont annoncé ce qui se passait là-bas, à l’autre bout du globe. « Mais que les hommes sont bêtes ! » C’était il y a une semaine.

Ce soir elle n’en peut plus. Tout ça est épuisant.

Elle pense à ses années d’avant. Ces années dorées où le soleil colorait sa peau et réchauffait jusqu’à ses nuits…

Sur le mur, l’écran diffuse les infos du soir : « 10ème nuit. Les scientifiques n’ont toujours pas d’explication.  »

Elle regarde par la fenêtre le noir qui enveloppe la ville.

On est en juin. Elle devrait être sur la terrasse à regarder les couleurs du couchant. Elle remonte la couverture sur ses épaules. Il fait froid comme en février.

Elle veut penser à autre chose.

Etre seule enfin. Pouvoir vivre. Boire un bon breuvage et oublier.

Rêver. Rêver de plages ensoleillées... Rêver de celui qui l’aimera et la prendra contre lui…

Il est si tard. Elle s’endort. Demain est un autre jour…

 

Elle ouvre les yeux. Le réveil n’a pas sonné. Par la fenêtre, elle voit le noir qui enveloppe la ville.

Elle regarde l’heure :   11 :45.

Sur le mur, l’écran diffuse les infos de la mi-journée : « 11ème nuit. Les scientifiques n’ont toujours pas d’explication.  »

Par Kaos - Publié dans : Sous les villes en fusion - Communauté : écriture "expérimentale"
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 15 avril 2010 4 15 /04 /Avr /2010 18:56

 


Il y ces carcasses, par dizaines,
Aux crocs suspendues comme des étendards abattus.
Chairs inhumaines,
Qu'on suit du regard, à l'infini étendues.


Sous le ciel de plomb,
Il y a cette ville d'où dégorge la nourriture.
Les hommes triment, suivent la ligne des toitures,
Le temps d'une cigarette, d'un bouchon.


Au Marché aux fleurs, la poésie est absente,
Des gerbes, des pétales, tiges au kilo,
Des bouquets à la tonne, vente.

Les affaires se font incognito.


Il y a ces poissons aux yeux morts,
Aux écailles stridentes comme les cris des détaillants.
Marée noire de monde, de corps,
Et les prix s'affolent ou s'affalent, de l'argent éternel grouillement.


C'est Rungis qui vit à l'envers,
Qui compte à rebours,
Qui achète à Anvers,
Qui revend à Nemours.

Par Kaos - Publié dans : Sous les villes en fusion
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 19 février 2010 5 19 /02 /Fév /2010 14:47




C'est beau un bord de mer,
Quand les enfants courent et crient.
C'est beau un océan avec du bruit.
C'est beau le soleil qui éclabousse,
Quand au zénith,
Les rayons moussent.
C'est beau...

C'est sombre cette plage,
Un après-midi de novembre,
Quand les corps s'échouent sur le rivage.
C'est terrible ces vagues porteuses,
De désespoirs, d'ennuis et d'oublis.

Un hiver au Finistère.

Alors, sur la grève, entre les déchets,
Mes bottes refont le parcours.
Dans vos pas disparus je pose mes semelles,
Trop lourdes.
L'été reviendra, avec son cortège de vacanciers heureux,
Nous referons ces balades dans les dunes,
Toi, moi, elles,
L'océan,
Le soleil
Et la vie.
Par Kaos - Publié dans : Humain et alors?
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 17 février 2010 3 17 /02 /Fév /2010 11:49




Il était une fois un 24 Décembre...Il était une fois, une ville, trop grande, trop inhumaine, sans âme pour une petite fille trop petite, trop douce, humaine...

 

Léna était roumaine...Débarquée elle ne savait trop pourquoi de son village dans cette ville monstre...Enfuies les odeurs de la ferme de ses parents, Dilitri et Iliona...Disparue l’étable avec les deux chèvres dont elle avait la garde...Trop loin dans sa mémoire les champs doux et dorés....

 

Elle se souvenait du voyage jusqu’ici...D’abord le camion avec le routier...Une grosse brute qui ne parlait pas sa langue...On l’avait séparée de ses parents...Pas assez de place dans leur camion. La fillette de 10, 11 ans, avait pleuré, mais une claque du passeur l’avait vite calmé...

On avait roulé nuit et jour... Trop rares arrêts pour se dégourdir... Heureusement elle était avec Mitlan, un « grand » d’au moins 13 ans ! Il était gentil et s’arrangeant toujours pour qu’elle ne sombre pas dans le chagrin...Des fois des grimaces, des fois des mots chuchotés, des chatouilles...Elle ne savait pas encore que son pouvoir de séduction lui sauverait peut être la mise...

Puis, il avait fallu traverser les montagnes...C’était l’été, mais les nuits étaient quand même glaciales.

Elle avait souffert. Mais Mitlan l’avait toujours aidé... Et puis on lui avait dit que ses parents étaient de l’autre côté...

Sur l’autre versant, elle avait revu brièvement ses parents...Nouvelle séparation... Et départ direction la grande ville.

 

Dans une descente on avait entendu un grand bruit à l’avant, le camion avait zigzagué sur plusieurs mètres avant de s’arrêter. Peu étaient descendus...Mais Mitlan et Léna si. Et le garçon lui avait caché les yeux...trop tard...Le premier camion, celui de ses parents, avait versé dans un ravin...Il était la proie des flammes...

Elle avait failli hurler, mais la main ferme l’avait empêché...

 

Dans la grande ville, on l’avait lâché. Son voyage était payé ! Elle ne devait rien ! A part se débrouiller seule !

 

Mitlan l’avait intégré à un groupe de minots qui vivaient sous le périphérique...On y croisait des maladies d’un autre temps : gale, choléra, psoriasis...Elle survivait en mendiant...Encore deux ans et elle serait bonne pour se prostituer. On lui avait fait comprendre !

Elle évitait les autres gamins qui se défonçaient à la colle...Elle préférait marcher...

 

C’est ainsi qu’elle avait fait la connaissance de Vuk...Un serbo-croato-bosniaque...Un gars étrange qui bricolait sur les marchés...Revendant des pièces de mobylettes pas très nettes, d’origine incertaine...

Ils s’étaient connus par hasard. Vuk désossait tranquillement une 103...Une voiture de flics patrouillait...La môme avait crié....Surpris, le gaillard d’une quarantaine d’année avait levé la tête à temps et s’était enfuit...Il avait suivi la petite....Une amitié était née...

 

Ils se parlaient dans un sabir qu’eux seuls comprenaient...Pas grave ! Vuk avait vaguement raconté la guerre...Pas envie de s’étendre...Il la protégeait des dangers et elle donnait un peu d’argent...

 

Et en ce 24, ils se promenaient ensembles...Amis du bout de la pauvreté, union des expatriés...Vuk aurait bien acheté quelque chose pour noël...Mais sans argent...

Et soudain, il vit la petite en admiration devant un étal....Il s’approcha.

 

Quelques heures plus tard Vuk offrait à Léna, cérémonieusement, la première banane de sa vie...

 

Jamais on ne vit plus beau sourire un soir de Noël sur le visage d’un enfant.

 

 

P1030795.JPG

Par Kaos - Publié dans : Sous les villes en fusion
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Samedi 6 février 2010 6 06 /02 /Fév /2010 11:42

 

 

Des villes, des nuits ;

Des hommes seuls

Sous des cartons,

Qui meurent.

 

Des villes, des nuits ;

Des gyrophares

Qui la déchire

En éclairs bleutés.

 

La nuit, la ville,

Et ses femmes qui travaillent

Sur des trottoirs dix fois trop larges,

Dix fois trop sombres.

 

Les villes, la nuit

Vivent et meurent

Au gré des rixes de bar

Des discussions de comptoir.

 

La nuit roule la vie de la ville

Et la ville vit sa nuit

Espérant que le jour ne viendra pas.

 

 

P1030942.JPG

Par Kaos - Publié dans : Sous les villes en fusion
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus